06.10.2007

Cacica, Arbore, Humor et Moldovita (BUCOVINE)

Un tir groupé pour les dernières journées en Bucovine.
Nous commençons à bien nous y connaître en matière de monastères. De vrais livres ouverts sur lesquels se conjuguent la genèse, l’ancien et le nouveau testament, mais également les signes du zodiaque et les philosophes pour finir en beauté sur le jugement dernier. Après le vert de Sucevita, le bleu Voronet, nous découvrons les dessins les plus subtiles à Arbore, le rouge de Humor et c’est Maïca Tatiana qui donnera la touche finale à Moldovita en nous parlant comme jamais de ces peintures destinées à apporter la connaissance au plus grand nombre.
Nicoleta a tout simplement quitté son travail pour nous conduire jusqu’à la mine de sel de Cacica ( prononcer Cachita) et nous avons poursuivi en stop jusqu’à Arbore. La liaison entre les différents monastères n’est vraiment pas aussi commode que je pensais, mais le stop fonctionne bien, même à 4 lorsque l’on accepte de se serrer, Nikita le vétérinaire qui nous a ramené d’Arbore à Cacica était ravi de prendre des francophones pour échanger en français. Enfin si j’en crois mes compagnons de voyage, il n’y en avait que pour lui et moi et la tchatche allait bon train.
Quelques mots sur nos hôtesses dont nous n’avons qu’à nous féliciter. La truculence de Nicoleta qui n’a d’égal que son imposante corpulence et son besoin de nous satisfaire, jusqu’à inviter pour le café Cornélia conduite par sa fille Gabriella qui nous avaient elles aussi si bien reçues il y a 4 ans. Cornélia 80 ans passés, qui malgré une jambe immobilisée n’a pas manqué de nous apporter avant notre départ un sac de noix et quelques pommes. Faut dire que nous ne l’avions pas oubliée dans la distribution des ceps de notre superbe cueillette. Des ceps géants me souffle Alain. Une cueillette comme je n’ai jamais fait jusque là, même pas en Sologne chez ma copine Josiane, voir les photos…
Nous avons également apprécié les talents de Sylvia, la maman de Nicoleta, autant ses talents culinaires que sa faculté d’adaptation à tenir le stand de tapis et d’œufs peints devant le monastère d’Humor que sa disponibilité pour trier les pommes de terre ou pour alimenter les poêles en faïence et le chauffe eau de la salle de bain dont il faudra bien que nous parlions un jour tant ils s’avèrent efficaces.
Quand à Viorica chez qui Nicoleta nous a conduit pour terminer notre séjour en Bucovine, toujours affairée, nous nous demandons où cette jeune veuve d’origine houtsoule trouve toute son énergie pour élever ses 2 filles adolescentes, s’occuper d’écrire les œufs et d’en faire fréquemment la démonstration, faire la cuisine pour les groupes qui passent et organiser ses voyages en France afin de promouvoir son artisanat sans oublier la construction de sa maison dont elle suit de près le chantier ? Peut-être trouve-elle cette énergie dans ses nombreux voyages en France offerts part des associations, ce qu’elle est très fière de nous raconter…Peut-être également en décompressant devant un film indien qui nous avoue-t-elle la fait pleurer toute la nuit tant le scénario ressemble à sa vie.
Une chose qu’elle est bonne, et que j’ai oublié d’écrire ; depuis notre départ de Constanza où il faisait encore un peu frais, le temps n’a fait que s’améliorer et c’est sous un grand soleil que nous avons sillonné quelque dizaine de jours la MOLDAVIE. Un régal dont nous avons bien profité.
Aujourd’hui 5 octobre, il y a un mois que nous avons quitté la France et nous en avons fait tellement de rencontres, visité tellement de lieux et fait tellement de choses, que nous avons l’impression d’être en route depuis toujours.
En tous les cas, après une bonne journée de transport, nous voilà pour quelques jours en Maramures (prononcer maramourèche).
En espérant seulement que les quelques gouttes de pluie rencontrées tout à l’heure ne nous poursuivrons pas au travers des champs que nous comptons arpenter de long en large pour contempler les églises de bois et la vie paysanne.

01.10.2007

VORONET (BUCOVINE)

Après un copieux petit déjeuner préparé par Sylvia la maman de Nicoleta et composé de beurre frais en motte, de miel maison, de compote de prune avec café et le lait de la ferme dont tout le monde se régale, nous partons sac au dos sur le chemin du monastère de Voronet.
Nous traversons la ville encombrée de travaux routier réalisé par une entreprise française bien connue en respirant beaucoup de poussière .Puis arrivé à la bifurcation nous conduisant à Voronet nous atteignons rapidement les champs et l’air pur ou les paysans s’activent accompagnes de leur chevaux tirant les tombereaux chargés de foin ou de bois et parfois de pommes de terre ou maïs .
Sur notre route, émerge un superbe hôtel tout neuf surplombant une rivière, d’après la pancarte il est financé en partie par des fonds européens, on commence à être habitué de voir ce panneau avec le cercle de fond bleu et les étoiles, renseignements pris il faut compter 140 Lei pour deux personnes avec petit déjeuner, nous passons notre chemin .
4 km de marche auront suffit pour atteindre le monastère de Voronet. Michel sous prétexte de convalescence réussi à faire une partie du parcours sur une charrette vite rejoint par Alain. A l’entrée du monastère quelques marchands étalent tapis, costume locaux et bien d’autre objets artisanaux voir d’autres continents.
Arbre de Jessé et jugement dernier sur fond bleu dominant « le bleu Voronet »
Pour le retour on comptait bien trouver un moyen de transport. Par bonheur, à peine quelques centaines de mètres franchis, une charrette débouche d’une petite ruelle et le conducteur nous propose de nous emmener, quelle aubaine. Ce charmant bonhomme invite Annie et Yvette a grimper sur son banc près de lui engageant une conversation en roumain. Michel et Alain n’ont plus qu’à s ‘asseoir dans le tombereau inconfortable .
Il nous dépose à l’entrée de Gura Houmurului très satisfait du service. Nous aussi.
Un petit tour sur Internet puis retour au bercail par la navette comme d’habitude.

27.09.2007

BUCOVINE suite

PATRAUTI.

Nous Allons traverser la forêt que nous avions traversée à la nuit tombante avec Jocelyne, cette fois ci nous irons jusqu’à l’église de PATRAUTI encore loin du lieu où nous avions abandonné pour cause de nuit noire. Pas de regrets petite sœur…en plus nous ne rencontrerons pas ce beau cerf que j’avais eu le temps de photographier.
La forêt est très belle, nous y croisons nombre de charrettes à cheval charriant du bois, et compte tenu de notre rencontre dans le bus hier soir, Alain compte bien débusquer quelques cèpes. Les champignons ne manquent pas, et nous trouvons foison de trompettes de la mort, quelque rosés et quelques belles coulemelles mais pas la moindre queue de cèpe. Pas étonnant pour les trompettes, les roumains rencontrés ne les consomment pas. Ils nous sera d’ailleurs impossible de les faire cuisiner. Quel gâchis mes amis…
L’église de Patrauti est la première fondation de Stefan cel mare (Etienne le grand) édifiée en 1487. L’épouse du Pope, professeur de religion parle français. Ainsi, elle nous guidera dans la visite et nous apportera toutes les réponses à nos questions concernant la religion orthodoxe et ses différences avec la religion catholique.
PATRAUTI abrite une communauté de tziganes dont les enfants se montrerons agressifs à notre égard réclamant ouvertement des banis (dixième de leu) jusqu’à ce qu’un chauffeur nous prenne en auto-stop pour nous ramener prendre le minibus à Dragomirna pour notre bercail occasionnel.
Demain 2 minibus avec correspondance à Suceava pour nous rendre à Gura Humurului où Nicoleta rencontrée il y a 4 ans nous attend pour nous emmener dans la ferme de ses parents à côté du monastère d’Humor.

GURA HUMOROLUI
Nous voilà installés dans une petite ferme pour quelques jours. Nous irons visiter les différents monastères inscrits au patrimoine mondial à partir de notre base.
Un minibus fait la navette entre notre logis, et Gura Humorului, mais pour les autres monastères, il faudra faire appel à notre hôtesse et à l’auto-stop qui fonctionne relativement bien.

SUCEVITA
Notre hôtesse prend le chemin le plus long pour nous faire découvrir le superbe paysage de la Bucovine. Elle nous dépose au monastère et reviendra nous chercher si nous ne trouvons pas de transport pour rentrer.
La particularité de ce monastère dont les peintures sont à dominante verte est l’échelle des vertus peinte sur le mur nord. Echelle que chacun doit gravir après sa mort assisté de son ange gardien. Chaque degré représente une vertu. Il s’agit de gravir cette échelle sans commettre de péché au risque de dégringoler en enfer.


PUTNA
Je tenais à visiter ce monastère que je n’avais pas vu la première fois. Là nous avons bien cru que le voyage était terminé, en tout les cas pour moi.
Après avoir fait du stop avec un brave monsieur qui avait 2 résidences et qui venait de récolter son miel dans celle de Sucevita nous visitons les poteries noires de Marginea. Puis nous avisons une belle berline, intérieur cuir, qui nous emmène à Radauti où une navette dessert PUTNA. A peine descendus du minibus je m’aperçois que je n’ai plus ma pochette qui contient mes papiers et l’argent pour régler l’entrée du site. Comment faire ? quelqu’un parle-t-il français sur ce parking pour nous venir en aide ? Non, j’avise cependant une voiture sur le point de repartir et avec mon mauvais anglais je décide le chauffeur à rattraper le minibus. Il laisse alors les 2 mamies qui l’accompagnent et avec sa jeune femme enceinte nous voilà partis à la poursuite du minibus. Un parcours qui me paraît interminable mais au bout duquel nous retrouvons le minibus et ma pochette. Ouf !!! Mais comment remercier ce couple qui ne cesse de dire « Be carreful in Roumanie ». Nous échangeons nos adresses Email, l’accouchement est prévu pour Noël, ils m’informeront de la naissance…
C’est à Putna qu’est enterré Stephan cel mare et toute sa famille. Pour nous le monastère n’est pas aussi beau que les autres mais il a une grande importance pour les roumains et en octobre si ma mémoire ne failli pas il y a un très grand pèlerinage.
Putna-Radauti, Radauti-Marginea en minibus puis stop jusqu’à Gura humurului. Avec la chance de tomber sur une jeune, jolie, et élégante professeur de français dont le compagnon policier, notre chauffeur, gagne beaucoup mieux sa vie qu’elle. Bref un couple qui comme beaucoup d’autres semble heureux de vivre. Bien entendu, nous échangeons nos adresses et Alain notre public relation ne manque pas de mentionner notre blog.

25.09.2007

BUCOVINE du 29 septembre au 5 octobre

Le monastere de DRAGOMIRNA et Mitocul (BUCOVINE)

Nous devions prendre un microbus pour Gura Humurolui où nous attendait un peu plus tard Nicoleta. Impossible de la joindre par téléphone pour la prévenir que nous serions en avance, j’ai l’impression que depuis 4 ans la numérotation à changée. Nous changeons donc notre fusil d’épaule et nous entamerons la Bucovine par Dragomirna, ce qui tout compte fait est beaucoup plus rationnel. Email à Alina Burac, dont j’apprendrai par la suite qu’elle se trouve en ce moment à Boston, suivi d’un appel téléphonique le lendemain matin pour prévenir de notre arrivée le soir même. Pas de problème, la famille nous attend.
Changement de plan en ce qui concerne les transports, nous ne nous rendons plus à Gura Humorului, mais à Suceava où nous trouverons un autre microbus pour Dragomirna Anka la sœur d’Alina que j’avais rencontrée lors de mon premier voyage nous y attend. Une solide jeune femme très dynamique qui fait tourner le business avec son père, sa mère et sa dernière sœur Andréa lorsque les études de cette dernière ne la retiennent pas.
La maman tient l’épicerie/bar face au monastère et durant les trois jours où nous y serons ils préparerons 2 repas pour 2 groupes différents dont un groupe de français venu visiter le pays avec Terre d’aventure. Au cours de notre séjour Anca nous raconte que l’agriculture n’est plus d’un très bon rapport, qu’ils ont abandonné l’élevage des oies et qu’ils s’orientent plus vers le tourisme. Comme nous lui faisons part de notre surprise de voir autant de chantiers estampillés communauté européenne, elle nous signale que c’est dans ce cadre qu’elle étudie la pisciculture afin d’attirer les pêcheurs du dimanche vers leur étang. Ils ont déjà des bungalows qu’ils louent principalement le week-end aux roumains qui viennent se détendre.
Nous décidons de prendre le temps de nous installer le premier jour et de consacrer une jourfnée au monastère de Dragomirna que nous rejoignons à pied et une autre à la promenade en forêt nous conduisant à l’église de Patrauti. Dans les champs les paysans sont tous occupés à arracher soit les pommes de terre, soit le maïs destiné à la mamaliga (la polenta).
Nous arrivons au monastère par l’arrière et nous longeons la pièce d’eau qui était à sec lorsque je l’avais visité avec ma sœur Jocelyne. Le pique nique s’impose au bord de l’eau avant la visite du monastère proprement dit et de l’hostellerie récemment installée avec l’aide de la communauté européenne. Anca nous dira qu’elle ne craint pas la concurrence de cette hostellerie plutôt tournée vers les retraites et la méditation. Dans le minibus qui nous ramène vers nos chambres et notre dîner 2 dames sont installés avec des paniers plein de champignons. Ça promet pour demain !!!
L’un d’elle Victoria, parle parfaitement le français et nous raconte qu’elle est archéologue au musée d’histoire de Suceava. Je me régale à l’énumération des champignons qu’elle a trouvés. Quelques beaux ceps en particulier qui font baver Alain, mais également des russules dont ils semblent friands dans le coin etc. Vivement demain.
Le dîner comme le petit déjeuner sont tellement copieux que nous sommes en mesure d’en tirer notre pique nique du midi auquel nous n’avons plus qu’à ajouter les noix glanées sur le chemin et le raisin cueilli à la treille de nos hôtes . A propos de noix j’ai oublié de parler de cette femme qui copiait consciencieusement son adresse pour recevoir la photo que nous venions de prendre lorsqu’une voix familière s’écria derrière nous « c’est ma grand mère ». C’était notre hôtesse Anca, nous étions tombés tout à fait par hasard chez sa grand mère heureuse alors de nous ouvrir toutes les portes de la maison, du potager, de la grange où se trouvaient les pommes de terre fraîchement ramassés, du puis où elle a puisé l’eau pour laver le raisin qu’elle nous offrait avec d’énormes noix fraîchement gaulées. Un grand moment de bonheur…